Carrossier, un métier de l’artisanat d’art de France

A considérer les véhicules d’aujourd’hui, il nous est difficile d’imaginer qu’ils sont issus du charronnage. Mais la carrosserie actuelle hérite fortement du vocabulaire du charron, cet artisan spécialiste du bois et du métal, concevait, fabriquait et entretenait les véhicules avant qu’ils ne soient dotés d’un moteur. Ainsi, bien qu’il s’en distingue, le maitre carrossier se place comme le descendant des fabricants et réparateurs de carrosses dont le métier a gardé le nom.

A l’origine, le maitre artisan carrossier formulait lui même les plans et les dessins dont il se servait pour son travail minutieux. La transmission du métier aux ouvriers se faisait alors oralement et principalement par expérience, entre le maitre et l’apprenti, à l’image d’un échange de savoir-faire.

Les carrossiers, par leur rapport direct aux véhicules étaient considérés comme des  »habilleurs » et furent surnommés  »les couturiers de l’automobile ». Ils sont donc devenus des artisans d’art en donnant une allure et une esthétique nouvelle aux automobiles.

Après le charron, le menuisier en voiture, le tôlier formeur apparu. Issu de la chaudronnerie et du travail des métaux en feuilles, il réalise d’abord le capot, les ailes, puis la tôle sur toutes les surfaces du véhicule. Le tôlier devient, par son ouvrage, le  »seigneur des ateliers ».

Au fur et à mesure, le développement des possibilités d’emboutissage et du travail de la tôle lié à la mécanisation des techniques de travail a entrainé les constructeurs des châssis et des moteurs à réaliser la carrosserie complète. Le carrossier se vit démuni de sa fonction première.

Ce fut donc un choc très rude pour l’artisan de se voir concurrencer par les grands fabricants qui prirent le monopole de la confection des véhicules. De nombreuses maisons abandonnèrent la voiture pour se consacrer à la construction d’utilitaires puis à la réparation de véhicules.

Les automobiles et autres moyens de transport d’époque sont aujourd’hui considérés comme faisant parti du patrimoine industriel et technique, voir même comme des oeuvres d’art. L’artisan carrossier peut à nouveau exercer ses talents dans la restauration de ces superbes carrosseries réalisées par ses illustres prédécesseurs.

Restauration et conservation sont alors deux mots à assimiler au travail du carrossier. Il préserve les véhicules d’époque des traces et des ravages du temps. Ainsi, l’artisan carrossier par son travail de restauration exerce une activité relevant des métiers d’art. Le tôlier formeur, lui, reconstitue les pièces manquantes ou abimées et reproduit des facsimilés selon des modalités et une déontologie respectant l’histoire du véhicule et des techniques.

L’évolution du métier vers un souci patrimonial permet alors l’élaboration d’une charte par la FFVE (la fédération française des véhicules d’époque), celle-ci contribue à assurer la pérennité du savoir-faire du carrossier.

Hubert HaberbuschAtelier de tôlerie H.H.Services - Strasbourg